Poitiers , Assemblée générale 2012

Photo avec l'aimable autorisation de l'office du tourisme de Poitiers
une vie sans tique ni puce
- Pharmacie Rurale N° 111 ; Mai 2011 : Animaux de compagnie : une vie sans tique ni puce
Animaux de compagnie : une vie sans tique ni puce
Avec les beaux jours, les animaux sortent de nouveau des maisons et des appartements. L’occasion, au comptoir, de rappeler à leurs propriétaires les risques liés aux tiques et les désagréments dus aux puces.
La tique dans tous ses états
Les tiques sont des parasites externes des chiens, chats et autres animaux familiers mais aussi de l’homme. Leur caractère hématophage les oblige à mordre leurs hôtes pour se nourrir. À cette occasion, ils peuvent transmettre différentes maladies dont la redoutable maladie de Lyme.
En France, on connaît trois types de tiques : Dermacentor reticulatus, Ixodes ricinus, Rhipicephalus sanguineus. Chaque stade physiologique se nourrit d’un repas sanguin et la femelle adulte se gorge de sang pendant plusieurs jours, avant de tomber. Les tiques vivent en alternance dans le milieu extérieur (herbe) et se fixent sur des réservoirs naturels (rongeurs, gibiers) ou sur leur hôte principal. Les animaux les plus exposés sont donc ceux qui vivent en zone rurale, les chiens de chasse, et surtout les chiens à poils longs. Ceux vivant en zones urbaines ne sont pas pour autant à l’abri.
Prévenir l’infestation
Différents acaricides topiques peuvent limiter les morsures de tiques :
- Les sprays ou spot-on de fipronil bénéficient d’une AMM pour chiens et chats. Ils tuent les tiques, ont une rémanence d’un mois, ils sont faciles et sûrs à utiliser, mais à ne pas utiliser sur les chiots et chatons de moins de huit semaines.
- Les colliers à base d’amitraz n’empêchent pas les tiques de s’attacher, mais ils meurent et tombent dès le début du repas sanguin. Leur longue durée d’action (quatre mois) permet de poser un collier au printemps et un autre pour la période de chasse par exemple. L’amitraz existe aussi en solution externe.
- La delthaméthrine ou les autres pyréthrinoïdes sous forme de sprays, colliers, feutres, shampooings ou spot-on produisent un effet de fuite sur la tique. Ils agissent aussi sur d’autres insectes vecteurs de maladies. Attention, ils sont contre-indiqués chez le chat.
- Les organophosphorés sont utilisables chez le chat et le chien, sous forme de colliers antiparasitaires, de solutions buvables, de solutions externes, de sprays ou encore de spot-on. Attention à leur utilisation sur des animaux faibles ou gestants.
- Les organochlorés sont aussi actifs contre les tiques mais plus toxiques.
Des acaricides de l’environnement luttent contre les tiques en phase de vie libre :
des diffuseurs, pulvérisateurs et des aérosols sont adaptés aux habitations ou les jardins. Ils sont à base de pyréthrinoïdes. Les diffuseurs existent en différentes tailles, ils sont très pratiques d’emploi et s’adaptent à des surfaces variables. Cette lutte chimique doit cependant s’accompagner d’une lutte agronomique (tonte des pelouses et végétaux).
Faire barrage
Lors de sa morsure, la tique injecte de la salive à son hôte. Elle peut être vecteur d’agent pathogène et transmettre différentes maladies graves comme la piroplasmose, l’erlichiose, la maladie de Lyme (zoonose), les bartonelloses et hémobartonelloses (surtout chez le chat), ou encore des encéphalites à tiques. Seul un vaccin contre la piroplasmose existe mais son efficacité est controversée.
Pour les autres maladies, la meilleure prévention est de rester vigilant. L’étiquage manuel, s’il est précoce, minimise les risques de transmission. Il consiste à retirer la tique à l’aide d’une pince à tique ou à defaut d’une pince à épiler (fourche qui enserre la tique à sa base) afin de la déloger de la peau par rotation dans le sens inverse des aiguilles d’une montre).
Les tiques occasionnent donc des dommages dermatologiques directs aux animaux de compagnie. Mais ce sont surtout des vecteurs potentiels de graves maladies dont certaines sont des zoonoses. D’où l’intérêt d’une prévention bien maîtrisée, régulière, et surtout bien suivie.
Le cycle biologique de la tique
Les tiques apparaissent dès les premiers beaux jours, et disparaissent dès les gelées pour hiberner.
La tique femelle, gorgée de sang, se détache de son hôte, se cache sous des feuilles, à l’ombre, pond une centaine d’œufs et meurt.
Chaque œuf s’embryonne, éclot un mois plus tard et donne naissance à une larve qui se transforme en nymphe, puis en adulte.
Les mues se font dans le milieu extérieur et sont, chacune, précédées d’un repas de sang pris sur un hôte.
Ce cycle nécessite 3 hôtes successifs.
Hôte 1 : Chien, chat ou rongeur suivant les espèces.
Hôte 2 : Idem
Hôte 3 : Chiens, bovins, cervidés, voire l’homme.
Après chaque mue, la tique se remet à l’affût dans les hautes herbes et attend le passage d’un hôte qu’elle repère par sa chaleur.
Pour la tique par rapport à la puce, il y a passage d’un hôte à l’autre.
De petite taille et plate à jeun, la tique est globuleuse quand elle est gorgée de sang.
La plaie des puces
L’apparition de puces sur un animal de compagnie conduit généralement le propriétaire à l’officine à la fois pour obtenir un traitement que l’on veut efficace, rapide et non toxique pour l’animal et pour trouver une réponse à l’éternelle question : comment mon animal a-t-il pu attraper des puces alors qu’une hygiène rigoureuse lui est prodiguée ?
La puce suce le sang de l’animal et donc l’affaiblit. Chez les très jeunes animaux, l’infestation peut provoquer une anémie sévère, voire mortelle. La piqûre de puce est irritante, elle perturbe la vie de l’animal qui va se secouer et se gratter parfois jusqu’au sang. En cas d’infestation importante, cela perturbe également la vie des propriétaires d’animaux. En outre, la piqûre de puce peut provoquer des DAPP (Dermite par Allergie aux Piqûres de Puces). C’est la salive de puce qui est à l’origine de ces réactions allergiques nécessitant parfois un traitement spécifique à base de corticoïdes.
En présence d’une infestation la meilleure solution est de mettre en place une lutte intégrée contre les puces. En clair, il s’agit de combiner les moyens. La première mesure consiste bien sûr à agir sur l’animal pour réduire la population de puces dont il est porteur.
Quels traitements ?
On agira différemment selon que l’on est en présence d’une infestation massive ou seulement soucieux de prémunir son animal des piqûres de puce.
Les traitements préventifs :
Il existe différents principes actifs et différentes présentations. Chacune a ses avantages, il faut donc choisir en fonction de l’animal mais également selon les habitudes du maître.
- Les shampoings détruisent les parasites et les œufs, mais leur action est limitée dans le temps.
- Les poudres : elles ne pénètrent pas facilement et peuvent incommoder l’animal qui se lèche.
- Les sprays : ils sont efficaces, on peut les utiliser régulièrement, même lorsque le chien est mouillé. Les aérosols effrayent parfois le chien, dans ce cas, il est possible d’utiliser un spray à pompe ou des lotions. Ils détruisent la puce avant qu’elle n’ait piqué et sont donc particulièrement indiqués pour les chiens allergiques.
- Les spot-on : ils permettent de déposer un produit qui va s’étendre sur tout le corps de l’animal au long de la journée. Pour les chiens de grande taille, deux pipettes sont parfois nécessaires : une appliquée au niveau des épaules, l’autre sur la croupe.
- Les colliers : leur efficacité diminue avec le temps et ils protègent essentiellement la région du cou, or c’est au niveau de la croupe que les piqûres sont les plus fréquentes.
Les produits per os : ne tuent la puce qu’une fois qu’elle a piqué.
Les traitements curatifs :
L’application d’un anti-parasitaire d’action rapide et durable permet d’éliminer les puces adultes vivant sur l’animal. Les puces seront tuées dans les 24 heures. Mais les parasites visibles sur l’animal ne représentent que 5% du problème.
La deuxième mesure de lutte à prendre passe par un traitement visant les stades larvaires dans l’habitat et particulièrement sur les coussins, moquette, plancher, panier du chien... Il faudra recommencer 3 semaines plus tard afin d’éliminer totalement les œufs. Si d’autres animaux vivent dans la maison, ceux-ci devront également être traités avec des produits spécifiques à l’espèce. L’objectif est, cette fois, d’empêcher la multiplication des puces. Un régulateur de croissance des insectes appliqué sur l’animal permet d’éviter l’installation de nouvelles générations de puces dans l’environnement et ainsi d’assainir progressivement les lieux de vie de l’animal.
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