Poitiers , Assemblée générale 2012

Photo avec l'aimable autorisation de l'office du tourisme de Poitiers

Quand les animaux voyagent

Quand les bêtes voyagent

 

Pour certaines familles, les vacances ne sont pas concevables sans leur animal de compagnie. Tant que ce voyage se déroule en France, de simples précautions sont nécessaires. Si cela se passe à l’étranger, il faut alors redoubler de vigilance tant d’un point de vue administratif que sanitaire.

 

En France métropolitaine

Depuis le 30 avril 2001, la France est indemne de rage. Le cas d’un chiot enragé rapporté du Maroc en 2004 et mort en Gironde n’a pas changé son statut. Jusque-là, la vaccination antirabique n’était donc pas obligatoire pour les carnivores domestiques. Elle a toutefois été instaurée temporairement dans trois départements français (Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne). Cette vaccination reste requise, également, à l’entrée en Corse et dans les DOM-TOM, pour les courses de lévriers et à l’admission dans les campings et centres de vacances.

Quant à l’identification des animaux de compagnie, elle est obligatoire uniquement pour les chiens de plus de quatre mois et ne devrait pas tarder à l’être pour les chats. Deux méthodes d’identification coexistent : le tatouage ou l’implantation de puce électronique. Les tatouages sont gérés nationalement par la société centrale canine ou la société centrale féline. Dans la majorité des cas, ils nécessitent une anesthésie générale de l’animal. Leur particularité est d’être facilement visible et donc repérable en cas de perte de l’animal. La puce n’est pas visible extérieurement puisqu’elle est inoculée par voie sous-cutanée. Le plus souvent cette opération se fait sans anesthésie. Son numéro se lit grâce à un lecteur électronique et permet d’identifier le pays d’origine de l’animal. Ce système est donc intéressant dans le cas de voyages en Europe.

Suivant la destination de vacances, différents conseils sont à prodiguer.

Ceux qui se rendent au bord de la mer penseront à rincer leur chien à l’eau douce après chaque baignade et à sécher les pattes. La peau, les coussinets et les espaces interdigités sont les premiers à réagir aux agressions du sel et du sable.

Les adeptes de la randonnée en forêt n’oublieront pas d’utiliser des acaricides ou acarifuges pour protéger des morsures de tiques. Il existe plusieurs colliers contenant de l’Amitraz, de la Deltaméthrine ou une association Fluméthrine + Propoxur dont l’efficacité dure plusieurs mois.

Outre les lotions, feutre et shampooings, les spot-on de dernière génération sont simples à utiliser et efficaces. Les classiques sont ceux à base de Fipronil ou de Perméthrine indiqués à la fois dans la lutte contre les puces et tiques mais aussi pour son activité répulsive contre les phlébotomes et moustiques. Néanmoins la Perméthrine est strictement réservé au chien et ne doit pas être administré sur un chat.

Les inconditionnels du sud de la France seront vigilants par rapport aux risques de dirofilariose et de leishmaniose. Ces mala­dies graves sont respectivement véhiculées par les moustiques et les phlébotomes. Des colliers répulsifs à la Delthaméthrine sont là encore utilisables ainsi que quelques spot-on (cf. ci-dessus). Pour la prévention de la dirofilariose, la sélamectine en spot-on possède une AMM.

Sinon le traitement classique à base de comprimés d’Ivermectine reste de mise.

Les puces et les aoûtats sévissent partout en France l’été et le dérangement qu’ils occasionnent justifie une protection (puces) ou une lutte spécifique.

Et ailleurs

Depuis trois ans, une nouvelle législation oblige le propriétaire de chien, chat ou furet à munir son animal d’un passeport pour tout déplacement de celui-ci au sein de l’union européenne ou s’il revient en Europe après un séjour dans un pays non européen. Pour toute autre destination simple (y compris pour les DOM-TOM), il n’est pas obligatoire. Un certificat sanitaire vétérinaire suffit. Pour obtenir son passeport, l’animal doit être identifié par puce ou tatouage, vacciné contre la rage et  avoir consulter un vétérinaire.

Vers certaines destinations, un contrôle de l’efficacité du vaccin antirabique par un titrage en anticorps est nécessaire. Ainsi, le titrage antirabique est requis pour l’entrée au Royaume-Uni, à Malte, en Suède et en Irlande, pays exigeant des conditions particulières, ainsi qu’en provenance d’un pays tiers à risque de rage non maîtrisé. Le test doit être réalisé au moins trois mois avant le déplacement de l’animal et au moins un mois après l’injection vaccinale. Des attestations de traitements antiparasitaires et de vermifugation sont parfois exigées pour quelques destinations particulières.

Outre ces dispositions obligatoires, des mesures de protections antiparasitaires ou contre certains vecteurs de maladies sont à conseiller suivant la destination de l’animal à la période de voyage.

Un passeport en bonne et due forme

En 32 pages, il regroupe toutes les informations utiles aux voyages du chien, chat ou furet.

1. Les informations sur le propriétaire (nom, prénom, adresse, pays).

2. La description de l’animal (nom, espèce, race, sexe, date de naissance, pelage).

3. L’identification de l’animal (numéro de puce électronique, date d’implantation, emplacement, numéro de tatouage, date de tatouage).

4. Les vaccins antirabiques (fabriquant et désignation du vaccin et du lot, numéro de certificat, date de vaccination, date de validité, cachet du vétérinaire).

5. Des pages consacrées aux tests sérologiques antirabiques (attestant du titrage > ou égal à 0,5 UI/ml).

6. Les traitements contre les tiques (fabricant et désignation du produit, date, heure et vétérinaire habilité).

7. Les traitements contre l’échinococcose (idem).

8. Les autres vaccinations.

9. La déclaration d’examen clinique (du vétérinaire avec la date).

10. Une page réservée aux contrôles des organismes de législation.

 

Laetitia Beaumont

Dr vétérinaire

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