Poitiers , Assemblée générale 2012

Photo avec l'aimable autorisation de l'office du tourisme de Poitiers

Les décrets c’est bien, les rémunérations c’est mieux

Les décrets c’est bien, les rémunérations c’est mieux

 

A trop attendre, la profession avait fini par désespérer de voir un jour appliquer la loi HPST dans ce qu’elle a de novateur pour notre profession. Eh bien, pour une, fois l’attente n’aura pas été vaine. Ainsi, les nouvelles missions du pharmacien trouvent enfin leur concrétisation avec la publication des premiers décrets... deux ans après la promulgation de la loi.

Il faut noter que cela s’inscrit dans un nouveau courant d’intérêt pour la pharmacie. Pour preuve le récent rapport diligenté par l’IGAS à la demande de Xavier Bertrand.

Certes les âmes grises pourront toujours souligner que cela s’est fait quatorze mois avant les Présidentielles. Ce n’est pas faux, mais il faut aussi convenir que ce rapport - du moins dans sa phase préparatoire - n’a rien d’un torchon de papier. Les vraies questions y sont posées avec toujours en filigrane l’avenir de la pharmacie d’officine. A l’occasion de ce rapport, l’APR a été longuement auditionnée. Et pour avoir participé à l’une de ces réunions, je peux vous affirmer que la pharmacie rurale est connue de l’administration de tutelle. Ces gens que l’on dit parfois anonymes connaissent les spécificités de l’exercice en milieu rural, en mesurent l’importance et en apprécient la raison d’être.

Les mêmes âmes grisent peuvent aussi nous opposer qu’il ne s’agit que d’un rapport de plus, mais un rapport dans lequel l’ensemble de la profession a pu s’exprimer pour faire valoir ses vues. Un rapport qui donnera inévitablement lieu à une revalorisation de notre rémunération. Un rapport aussi qui nous a permis, à nous pharmaciens ruraux, d’insister sur la place irremplaçable qui est la nôtre auprès de millions de malades. Je peux vous affirmer que l’on nous a écouté quand nous avons évoqué le risque de tsunami social si un nombre important de pharmacies de proximité venait à disparaître.

On nous a écouté, mais nous a-t-on pour autant entendu ? Il est trop tôt pour le dire même si nous avons longuement souligné l’impérieuse nécessité d’enrayer l’asphyxie économique qui nous menace. Une image, plus que n’importe quelle analyse, illustre la situation que nous avons décrite : actuellement une croix verte s’éteint tous les trois jours en France.

Pour ce qui en est du décret d’application relatif aux PDA, je reste convaincu qu’il faut continuer à marteler nos thèses auprès des pouvoirs publics. Plus nous serons nombreux à alerter l’administration, les élus et la population sur les risques que fait courir à tous, la fermeture des pharmacies de proximité, plus nous aurons de chances d’inverser le sens des décisions. Tant que ce décret n’est pas publié, il est difficile d’en faire la critique, notamment dans son volet financier qui semble pour l’heure avoir été oublié. Mais d’ores et déjà, sachez que l’APR contestera toute tâche nouvelle qui n’est pas assortie d’une rémunération prenant en compte à la fois notre niveau de compétence et le temps nécessaire pour la réaliser. C’est à ce prix que la pharmacie pourra évoluer. C’est à ce prix aussi que les pharmacies pourront voir leur avenir avec davantage de sérénité.

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