Poitiers , Assemblée générale 2012

Photo avec l'aimable autorisation de l'office du tourisme de Poitiers

Billet de blog 99

La pharmacie rurale a de l’avenir

C’est désormais acquis, la pharmacie française va entrer dans une ère nouvelle avec la réorganisation de l’offre de soins. Et dans cette reconsidération de notre profession, les pharmacies rurales vont pouvoir affirmer leur rôle, développer leur offre et présenter des services jusqu’alors impossibles à proposer.

Il faut bien voir que cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance de nos compétences. Avec les relations que nous avons avec nos malades alliées à la proximité, nous sommes en mesure de réussir ce changement au plus grand profit de tous et avec le souci constant de sécuriser l’avenir économique de nos officines.

Attention toutefois, cette évolution ne sera réussie que si nous parvenons à intégrer dans notre exercice trois éléments qui sont constitutifs de cette offre de soins.

Premier élément : la coopération interprofessionnelle grâce au travail en réseau. Nombre d’entre nous participent déjà à des réseaux de soins de façon plus ou moins formelle. En milieu rural, nous avons dans ce domaine quelques longueurs d’avance sur nos confrères urbains. Mais cela n’est pas suffisant. Nous devons encore davantage imposer notre présence au sein des réseaux, en défendant pied à pied tout ce qui touche à la dispensation du médicament et aux secteurs complémentaires comme par exemple le MAD. La réussite de l’interprofessionnalité ne peut passer par l’individualisme mais doit, au contraire, s’appuyer sur l’entente, le partenariat et la complémentarité.

Deuxième élément : s’investir dans les activités qui nous sont dévolues par la loi HPST. Dans l’attente du résultat des négociations sur le montant des honoraires alloués à ces tâches nouvelles, nous « devons occuper le terrain », et démontrer ainsi le rôle indispensable de la pharmacie de proximité comme premier recours. Il n’est pas question de s’investir sur le long terme sans garantie, mais il est nécessaire, pour nous ruraux, de démontrer que chaque officine a un rôle de santé publique et, plus largement, est un élément important du maintien du lien social en milieu rural. Nous travaillons pour notre part aux négociations permettant d’obtenir des honoraires spécifiques, négociations qui devraient aboutir d’ici 10 à 12 mois.

Enfin troisième élément : le développement des réseaux de communication. L’isolement n’est plus une fatalité et de moins en moins un handicap. Avec la télémédecine, la téléconsultation et l’e-prescription nous entrons dans une ère qui va effacer les distances et permettre à l’officine rurale de continuer à assurer la proximité tout en supprimant les contraintes liées à l’éloignement. Cela sécurisera par ailleurs, la délivrance : finies les falsifications d’ordonnance, finie la fraude, moins de nomadisme.

Cette fin d’année est pour moi l’occasion de vous présenter tous mes vœux pour 2012. C’est aussi l’occasion de vous dire : ayez confiance, la pharmacie rurale a de l’avenir. Et ce n’est pas seulement moi qui vous le dis. Ces propos sont partagés par le Ministère de la Santé où l’APR a été reçue la semaine dernière pour une large discussion sur l’avenir de la pharmacie en milieu rural.

 

Benoît Thiébaut

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